Nids de poule parisiens, le rebouchage…

Les dynamiques équipes de la voirie parisienne ont débuté les travaux de rebouchage des nids de poule. Sur la photo ci-dessous, de l’enrobé a été déposé dans le trou et l’équipe qui se trouve dans la camionnette sur le passage clouté attend patiemment que les véhicules tassent l’enrobé. C’est ce que l’on appelle le goudronnage « participatif », méthode déjà vu dans le tiers monde.

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Les Ikoflex de Zeiss-Ikon

Les deux

A gauche, un Favorit à cellule, à droite un IIA version 2 (synchro-compur). Ressemblant mais très différents. Le Favorit est équipé d’un paresoleil « moderne » indispensable.

Durant des décennies, Zeiss-Ikon fut un groupe photographique important si ce n’est le plus important avec une production étendue de l’appareil simple au plus sophistiqué, tant en photographie qu’en cinéma.  Des optiques furent fournies à des fabricants indépendants comme, par exemple, Franke & Heidecke géniaux inventeurs du Rolleiflex. De nombreuses caméras et des projecteurs de cinéma étaient également équipées d’objectifs Zeiss. La firme a fabriqué un temps des pellicules (Pernox)  ainsi que des matériels de mesure et militaires. Des phares pour automobiles de luxe furent produits par Zeiss. 

Je me suis attardé sur une série d’appareils peu connus chez nous sauf des spécialistes, les Ikoflex. Bien que présents dans quelques catalogues en France ils n’ont pas été vendus en grand quantité. Par contre, on les trouvait à l’étranger et dans nos colonies où les taxes douanières y étaient moins élevées qu’en métropole. Bon nombre d’appareils que l’on trouve chez nous maintenant nous sont parvenus via ces canaux. Les Ikoflex n’eurent pas la chance d’être utilisés par des photographes de renom ce qui a limité leur diffusion. Il existe des milliers de clichés représentant des photographes célèbres en action avec des Rolleiflex, mais d’Ikoflex, point. On doit se demander pourquoi, avec une optique et un obturateur identiques, les photographes ont préféré le Rolleiflex produit par Franke & Heidecke. L’armement par bouton y est-il pour quelque chose de même qu’une correction de la parallaxe moins efficace ainsi qu’un chargement moins automatique, un effet de mode ? Toutefois Pierre Bourdieu réalisa de nombreux clichés en Algérie avec un Ikoflex acheté en Allemagne. Milagros Caturia, photographe espagnole travailla essentiellement avec un Ikoflex. De même, une photographe américaine Esther Bubley utilisa un temps un Ikoflex III http://www.estherbubley.com/techniques_frame_set.htm 

Ce sont les seules références que j’ai trouvées mais il y en a probablement d’autres. 

Un peu d’histoire

Fabriqué de 1934 à 1960, l’Ikoflex fut un concurrent sérieux de plusieurs appareils car il se déclinait en versions simples et sophistiquées utilisant le film 120. A la même période, l’appareil de référence était le Rolleiflex mais il y avait également le Superb de Voigtlander et une ribambelle d’appareils plus modestes, le Brillant de Voigtlander, le Weltaflex, les Lipca,  etc, sans parler des Royflex, Semflex, Flexaret, Reflekta,….

De fait les Ikoflex se présentent sous une grande variété de modèles à l’immatriculation aléatoire, aux caractéristiques différentes selon les périodes et les aléas de la production durant la guerre et après.

Zeiss dota ses Ikoflex des objectifs de la maison, des Novar et des Triotar à trois lentilles et des Tessar à quatre lentilles, les mêmes que ceux livrés à Rollei dont un ouvrant à f 2,8 (Ikoflex III). La firme n’utilisa jamais les Planar 3 ,5 et 2,8 qu’elle livrait à Rollei en même temps que les Xénotar et Xénar de Schneider.

On peut ainsi résumer l’évolution des Ikoflex.

Les premiers modèles (850-16) d’avant guerre étaient dotés d’un obturateur au 1/100 ème de seconde et le déplacement de la pellicule se faisait dans le sens horizontal comme sur le Superb. Leur surnom de « coffeecan » tient au fait que leur partie inférieure est arrondie et qu’ils ressemblent à une boîte de café.

Vinrent ensuite des appareils avec le déroulement du film dans le sens vertical sur la période 1939/1960. Parmi ceux-là, il y eut une série « simple » mais dotée d’obturateurs avec vitesses lentes allant jusqu’au 1/250 (Prontor), 1/300 ème et 1/500 ème (Compur) équipés de Novar. Il s’agit des modèles 851-16 (Ikoflex I), 852-16 (Ikoflex II). Zeiss lança en 1939 le 853-16 (Ikoflex III) le plus sophistiqué de cette période avec un Tessar ouvrant à f 2,8 et un Compur au 1/400 ème. Cet appareil avait un système d’armement et d’avancement du film par manivelle comme le Rolleiflex automat. Il avait sans doute été conçu comme l’amorce d’une série haut de gamme. Zeiss, tout en envisageant ce dispositif dans ses modèles ultérieurs d’après guerre comme en atteste la forme circulaire de la partie gauche des boîtiers face devant, ne le reprendra pas, une fois la paix revenue.

Dans un troisième temps, Zeiss produisit des boîtiers équipés de synchro Compur et de Tessar tels que les II A (deux versions, la première avec Compur-Rapid, la seconde avec Synchro-Compur) et le Favorit (887-16) le mieux doté de cette période avec cellule couplée et des appareils plus simple avec un obturateur Prontor au 1/300àme comme les IA, IB et IC (886-16)  ce dernier avec cellule.  Les IA, IB et IC reprennent le boîtier et les mécanismes du IIA. Le boîtier du Favorit est différent bien que très ressemblant avec un système d’avancement du film qui se remet automatiquement à zéro en fin de pellicule et un déclencheur placé sur le côté de l’objectif de prise de vue.

Vous pouvez utilement vous reporter à ce site qui décrit la production des Ikoflex :

http://www.tlr-cameras.com/German/Ikoflex.html

Qualités et défauts des Ikoflex

Un des points forts de l’Ikoflex est la qualité de sa construction dans des matériaux sérieux, acier, bronze, cuivre, nickel et peu d’aluminium et un équipement optique excellent notamment avec les Tessar. Comme pour Rollei qui sortit de très belles pièces peu après la guerre,  Zeiss fit de même. Sur les Ikoflex, les réparations habituelles sont aisées, nettoyage du dépoli et du viseur, dégrippage des vitesses lentes, nettoyage des objectifs… S’ils ont eu la chance d’être stockés dans de bonnes conditions, les Ikoflex ont traversé les décennies sans soucis d’oxydation du miroir ou de grippage de l’obturateur. Plus loin, je parlerai de l’Ikoflex III qui présente quelques fragilités.

Du point de vue de la conception, les versions supérieures de l’Ikoflex sont équipées d’obturateurs et d’optiques de qualité identiques aux Rolleiflex de gamme moyenne. Le système d’avancement du film par bouton les rapproche du Rolleicord. Le presse film permet d’assurer une bonne tension de la pellicule.

Un détail important, Zeiss-Ikon déclare page 57 du guide ci-dessous, que l’Ikoflex est équipé d’un système de correction de la parallaxe surtout utile pour les plans rapprochés sans bonnette:  http://www.cameramanuals.org/contax/ikonflex_guide.pdf

Dans un autre document, Zeiss-Ikon indique pour les Ikoflex que « les effets gênants de la parallaxe ne se font pas sentir en raison de la construction de la chambre de visée qui donne un champ d’image réduit de quelques millimètres en hauteur ». A dire vrai, je doute que cette correction soit aussi efficace que celle du Rolleiflex. Une des astuces de Zeiss a consisté à implanter dans le Favorit un dépoli plus petit (50×50) que la surface du film. Dans la plupart des Rolleiflex par contre, il s’agit d’un cadre qui se déplace sous le dépoli couplé avec le réglage de la distance ce qui est plus précis. 

Sur le plan esthétique, Zeiss-Ikon affectionnait peu le design loin du dépouillement et de l’élégance des Rolleiflex. Beaucoup d’appareils reprennent cette absence d’esthétique, les Super Ikonta à télémètre, les Contarex, les Contax…..

Je ne leur connais pas de défauts importants hormis les limitations que certains trouvent à ce type d’appareils, leur état actuel… On trouve des versions moins sophistiquées avec objectif Novar et obturateur Prontor qui lorsqu’elles sont en état, sont à préférer à un haut de gamme en piètre état mécanique.

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La chambre noire du Favorit avec ses chicanes que ne possède pas le IIA. Un plus indéniable mais le IIA ne souffre pas d’une chambre moins sophistiquée.

Viseurs Ikoflex

Comparaison des viseurs de nos compères, celui de gauche avec l’aiguille de la cellule fonctionnelle. On remarquera leur relative luminosité compte tenu de la présence d’un objectif de visée Téronar n’ouvrant qu’à 3,5. Il faut dire que les bords sont un peu rognés à cause d’un dépoli aux côtes inférieures à celles du négatif.  DE ce côté ce serait mieux que les Rolleiflex de cette époque.

Une gamme complète d’accessoires agrémentait les Ikoflex, filtres, paresoleil, jeu de bonnettes (Ikoprox) avec correction de la parallaxe, prisme…mais pas de poignée. Zeiss fournissait également des cellules photoélectriques Ikophot et des flashs magnésiques Ikoblitz. Il existe un rare système pour le film 35 mm comme le Rolleikin, mais pas de cadres pour le format 4,5×6. Pour information, les filtres et le paresoleil sont, soit à emboîtement (37 mm), soit à vis (35,5 mm). Voir plus loin.

Voici maintenant mes deux Ikoflex, un IIA et un Favorit.

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Le IIA a eu besoin d’un nettoyage de l’extérieur (1),  du dépoli et de la cage de visée. Le Favorit était impeccable mais les vitesses lentes étaient lymphatiques, la seconde en durait trois. Ayant fait valoir ce souci au vendeur, c’est ce qui m’a permis de l’obtenir à bon compte. J’ai procédé à la correction de ce défaut. Après avoir trouvé la marche à suivre pour atteindre l’obturateur et l’ouvrir, j’ai légèrement lubrifié les mécanismes d’horlogerie qui règlent le retardateur du synchro-compur et les vitesses lentes et tout s’est remis à fonctionner normalement.

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Du point de vue fonctionnel, les deux appareils présentent des différences, le IIA nécessite une remise à zéro manuelle du compteur alors que cette opération s’effectue différemment sur le Favorit.  Aucun ne possèdent l’automatisme complet de chargement des Rolleiflex. Le Favorit a une cellule qui est réglable jusqu’à 800 ASA. C’est une cellule incorporée, non couplée. Une fois la sensibilité du film réglée sur le bouton du calculateur, on reporte sur celui-ci l’indice de lumination lu sur le dépoli.  Le couple vitesse/diaphragme doit être reporté sur la façade ce qui n’est pas vraiment pratique.

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L’échelle d’indices de lumination est gravée en rouge. Avec un peu d’habitude on s’y fait mais il est vrai que de nos jours on ne l’utilise plus beaucoup. Cette caractéristique est absente du IIA.

Avec de l’habitude on finit par s’adapter mais l’utilisation d’une cellule à main est préférable et plus précise. Les viseurs et les dos s’ouvrent selon des méthodes différentes. Sinon leurs performances sont identiques. Concernant le Favorit, je ne partage pas l’opinion de Mark Hansen qui lui reproche d’avoir un système d’avancement du film et d’armement fragile. Le mien fonctionne très bien si on prend soin de respecter le mode de chargement du film qui n’est pas aussi simple que celui des Rolleiflex modernes. 

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Des détails qui montrent, entre autres, que les Ikoflex IIA et Favorit sont différents dans leur construction.

Pour le IIA il faut fermer le dos puis amener la vue n°1 dans la lucarne sous l’appareil, fermer et régler par pression la molette du compteur de vue à la vue 1. Et après aucun souci jusqu’à la fin du film.

Pour le Favorit, il n’y a pas de lucarne sous l’appareil. C’est simple lorsque vous avez retiré le film normalement après la vue 12. Mais si cela n’est pas le cas je mets en (2) la traduction de la notice pour mieux comprendre. 

Cet appareil qui n’a eu qu’une diffusion restreinte en France est utilisé maintenant par les amateurs  comme un substitut de qualité aux Rolleiflex. Comme pour beaucoup d’appareils TLR, les tarifs demandés par les vendeurs sont malheureusement très élevés d’autant que bon nombre d’appareils ont des soucis de vieillissement et ont besoin d’une réparation quand ils ne sont pas carrément inutilisables du fait d’un objectif altéré ou d’un obturateur lymphatique. Celui qui serait intéressé par un Ikoflex examinera avec attention le fonctionnement de l’obturateur et la clarté de l’optique de prise de vue et du viseur avant de conclure. L’Ikoflex III doté d’un Tessar 2,8, est tentant mais il est rare d’en trouver un en état. Il a trois points faibles, le mécanisme d’armement qui se dérègle ou qui a été faussé, l’objectif souvent piqué et le viseur dont le revêtement métallisé est altéré dans 9 cas sur 10. Ceux que j’ai vus atteignaient des tarifs injustifiés avec un viseur irréparable. Son obturateur est limité au  1/400 ème et il n’est pas synchronisé pour le flash électronique. Peut-on le lui reprocher , il a 77 ans ?.

Trouver un paresoleil

Pour ne pas être confronté à des lumières parasites sur le film et tirer le meileur des Ikoflex, je conseille d’équiper les Ikoflex d’un paresoleil. Comme ceux produits par Zeiss sont inabordables en raison de la spéculation que pratiquent certains vendeurs, la solution est la suivante. Trouvez sur le web une bague 35,5/37  (et non l’inverse) que vous visserez sur l’objectif de prise de vue (filetage 35,5) pour y monter un paresoleil de caméscope avec un filetage de 37 mm. Attention à ne pas vous tromper car il existe des bagues 35,5/ 37 et des bagues 37/35,5. Des filtres vissants de diamètre fileté 37 mm normalisé pourront être utilisés en cas de besoin.

Conclusion

L’ Ikoflex est un appareil attachant, fiable et solide avec lequel il est agréable de photographier une fois que la subtilité du chargement est assimilée. Ses résultats photographiques sont d’un très bon niveau comparables à ceux obtenus avec un Rolleiflex équipé d’un Tessar. Toutefois il reste rare  à trouver.

Quelques liens :

Pour le démontage de l’Ikoflex IIA et du Favorit : https://man-wei.tumblr.com/post/77063790887/zeiss-ikoflex-iia-late-model-front-cover

Des commentaires sur divers TLR :

http://www.zeissikonrolleirepair.com/page04.html

Page sur le démontage d’un Ikoflex 1 :

http://www.suaudeau.eu/memo/rep/Ikoflex%20I.html

Blog dédié aux Ikoflex :

http://fotobox.over-blog.fr/article-zeiss-ikon-ikoflex-115523976.html

Série d’articles en français, très renseignés, sur les productions de Zeiss-Ikon:

http://fotobox.over-blog.fr/tag/zeiss-ikon/

(1) J’utilise sauf pour les parties optiques, de l’eau additionnée d’ammoniaque à raison de 5%

(2) Chargement du « Favorit Zeiss-Ikon »

Traduction de la notice en anglais disponible à : http://www.cameramanuals.org/zeiss_ikon/zeiss_ikon_favorite.pdf

(Les chiffres entre parenthèses renvoient aux références des images indiquées dans la notice originale)

« Avant de charger le Favorit, assurez-vous que le dernier film utilisé a été avancé au-delà de la 12 ème vue (N°12 dans la fenêtre du compteur de vue), et que le bouton d’entrainement du film peut être tourné indéfiniment sans rencontrer la moindre résistance. Le film est alors rembobiné complètement.

Pour ouvrir le dos du Favorit, relevez le bouton de fermeture et tournez-le à gauche. Tirez le bouton de retenue de la bobine et tournez-le légèrement (20) pour le bloquer. Sortez le film. Une bobine vide doit être installée dans l’emplacement prévu de telle sorte que la dent du bouton d’avance du film (5) s’engage dans la fente de la bobine. Tournez le bouton de retenue de la bobine afin qu’il s’engage dans le trou de la bobine réceptrice qui peut maintenant tourner facilement au moyen du bouton d’avance du film.

De la même façon, la nouvelle bobine est insérée dans le logement inférieur après que le bouton de retenue (24) a été tiré et verrouillé. Orientez l’extrémité effilée de la bande de papier protecteur (amorce) dans le sens du déroulement du film, vers la bobine réceptrice. Enlevez la bandelette de garantie du film. Faire passer la bande de papier devant la fenêtre d’exposition et enfilez l’amorce du film dans la fente de la bobine réceptrice.  Introduire l’amorce aussi loin que possible dans la fente de la bobine. Tournez le bouton d’entrainement jusqu’à ce que la bande de papier soit tendue. Fermez ensuite le dos du Favorit en tournant le verrou puis en le baissant tout en l’appuyant légèrement contre le corps de l’appareil.

En fermant et en verrouillant le Favorit, le mécanisme du compteur de vues est automatiquement réglé à sa position de départ. En tournant le bouton d’entrainement du film (5) le chiffre 1 apparait dans la fenêtre du compteur de vues. L’appareil est alors prêt pour prendre une photo et l’obturateur est armé simultanément.

Si, pour une raison quelconque, un film a été retiré avant que la vue 12 soit passée dans le compteur de vues, il est conseillé de régler le compteur de vue à sa position finale aussi longtemps que le dos est ouvert.  Cela peut être réalisé en déclenchant l’obturateur et en tournant le bouton d’entrainement du film jusqu’à la vue 12. Quand le dos du Favorit est fermé avant que la position finale a été atteinte, le compteur de vues sera désengagé du système d’avancement du film. Pour le ré-engager, le Favorit doit être ouvert et l’ergot  (29) à droite de la fenêtre d’exposition fermement pressé au moyen d’un objet dur comme un crayon jusqu’à ce qu’une résistance soit surmontée avec  un déclic. En même temps, presser brièvement  le côté droit du rouleau de guidage de film supérieur jusqu’à un petit déclic. Maintenant, Favorit toujours ouvert, le compteur devra être porté jusqu’à  la  vue 12 tout en déclenchant et en avançant le film. La position finale est atteinte quand le bouton d’entrainement du film ne rencontre plus aucune résistance.

Un nouveau film peut alors être installé. Il est préférable de charger le film en lumière atténuée, à l’ombre, jamais en plein soleil. »

Si vous tombez sur l’oiseau rare, bonnes photos !

 

 

Le salage des rues de Paris, une nouvelle méthode !

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Lors du dernier épisode neigeux sur Paris les 6 et 7 février derniers nous n’avions eu droit qu’à un salage curatif en fin de cycle neigeux. Cela avait été dénoncé car la circulation avait été fortement perturbée. Cette fois alors que l’atmosphère était sèche malgré quatre flocons, le salage fut d’un type bien particulier, en forme de ligne blanche dans une bonne partie du XX ème arrondissement. Personne ne s’en est rendu compte à commencer par l’agent conducteur du camion de salage. Ce gaspillage inefficace aurait pu être évité.

Paris et les nids de poule

 

L’état des rues de Paris se dégrade sérieusement. Ces photos ont été prises dans le XX ème arrondissement aujourd’hui 16 février 2018. On ne compte plus dans cet arrondissement les nids de poule, faute d’un entretien régulier et préventif des chaussées depuis plus d’un an. On peut aussi incriminer la qualité du goudronnage réalisé sans vraiment traiter le support, gras ou mouillé ce qui affecte la tenue du revêtement. Les chutes de neige récentes ont légèrement aggravé l’état de la voirie mais elles ne sont pas l’unique responsable. Les petits nids non colmatés s’agrandissent au fur et à mesure des passages des véhicules dont de nombreux véhicules lourds, bennes à ordures, autobus, camions de chantier et de livraison. Le brossage des rues par les véhicules de voirie ne fait qu’accentuer les choses. Le comble est probablement la rue des Frères Flavien.

En voici un, magnifique devant le 65 rue de Rivoli (18-02-2018)……

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et un autre Quai Saint-Michel:

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La petite station vélib devant la piscine des Tourelles (XX ème arrondissement)

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Un miracle !

La station vélib située devant la piscine des Tourelles a ouvert récemment près de 4 mois après le début des travaux qui ne sont toujours pas terminés, deux bornes restant à poser. Observez que comme par le passé cette station est peu garnie en vélos. Seulement deux.

Article précédent sur le sujet:

https://mlmpages.wordpress.com/2017/10/17/et-on-casse-les-stations-velib/

Les reflex à deux objectifs, comment s’opère la correction de la parallaxe ?

10 février 2018

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Un Rolleiflex 3,5 E équipé d’un Xénotar

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Schéma Rolleiflex figurant dans le manuel d’utilisation du 3,5 E

A l’occasion de la republication d’un article sur les Rolleiflex

https://mlmpages.wordpress.com/2017/12/10/acheter-un-rolleiflex-que-faut-il-examiner/

j’ai vanté les mérites de cet appareil en m’appuyant sur le fait qu’il dispose d’un système original de correction de la parallaxe.

La parallaxe qu’est-ce que c’est ?

Sur le plupart des  appareils numériques, le photographe voit exactement sur l’écran ce qui sera enregistré sur l’image à peu de choses près.

Dans les appareils argentiques reflex à un seul objectif, le principe est le même. Vous photographiez ce que vous voyez. Par contre, les autres appareils argentiques ont un viseur optique qui est indépendant du trajet de l’image à travers l’objectif vers le film. Le viseur donne alors une image différente de celle qui sera enregistrée sur le film. Imperceptible à l’infini,  l’écart s’accentue avec les distances proches. C’est ce qu’on appelle la différence parallactique.

Voici un schéma explicatif :

Parallaxe

Pour régler ce problème très sensible aux distances moyennes et rapprochées (entre 8 mètres et 1 mètre) les constructeurs ont mis en place plusieurs solutions avec plus ou moins de bonheur.

D’abord, beaucoup d’appareils « bas de gamme » ne disposent d’aucun système de correction de parallaxe et se contentent d’un viseur simpliste. Vous avez probablement vu des photos anciennes avec des personnes qui ont la tête partiellement coupée ou des sujets fortement décentrés.

Pour améliorer les choses, les constructeurs ont imaginé plusieurs solutions. Par exemple, Voigtlander sur son Bessa 1 (6×9) a imaginé un viseur du type Galilée avec deux cadres l’un pour l’infini, l’autre pour les photos rapprochées. Kinax, fabricant français des années 50, a conçu un viseur très efficace sur ses 6×9 avec une inclinaison variable en fonction de la distance pour compenser les écarts de parallaxe.  C’est sans doute un des meilleurs viseurs sur ce type d’appareil.

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Le viseur du Bessa 1 en position rapprochée

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le même en position infini

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Le viseur Kolinax du Kinax avec la réglette d’inclinaison du viseur en fonction de la distance

Un peu plus tard sont apparus des viseurs dits « Albada ». Il s’agit d’un viseur optique qui donne une image légèrement plus grande que celle qui sera photographiée, avec des repères adéquats qui indiquent pour l’infini et à la distance minimale, les limites à respecter pour que ce que l’on souhaite photographier le soit effectivement. C’est « au petit bonheur la chance » mais ce fut un progrès. Beaucoup de Rétinettes Kodak eurent ce viseur. Le viseur Albada a connu une évolution avec  un couplage à la distance de mise au point. Cela devient nettement plus précis car c’est automatique et non soumis à l’appréciation du photographe. Le cadre se déplace dès que l’on agit sur la bague des distances pour donner le cadrage exact.  Ce système est généralement couplé à un télémètre pour plus de précision dans la mise au point comme sur les Leica, Canonet etc.

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Minolta AL-F équipé d’un viseur Albada

Mais il est une catégorie d’appareils photo pour lesquels la question de la différence parallactique se pose autrement. Il s’agit des reflex à deux objectifs (TLR). Dans l’esprit de leurs concepteurs ces appareils devaient offrir aux photographes des images nettes par vérification de la netteté sur un verre dépoli. Dans les années 30 c’était un des points faibles des appareils photos pour lesquels la mise au point se faisait par évaluation de la distance de prise de vue. Dans les TLR, Les objectifs de visée et de prise de vue sont couplés en usine pour que l’image soit nette sur le dépoli et sur le film. Ce dispositif est pratiquement indéréglable. Les appareils de cette catégorie furent un progrès important et un facteur de réussite indéniable des clichés grâce aussi à de nombreuses autres qualités. D’où leur essor auprès des photographes exigeants.

Les TLR n’échappent pas à la différence parallactique car ils ne sont pas des appareils reflex « directs ». Il fallait donc trouver une astuce pour corriger cette différence. Les constructeurs s’y attaquèrent avec des solutions diverses. D’autres constructeurs ne firent rien.

Un des premiers à proposer une solution fut Voigtlander et son modèle Superb.

Superb

L’objectif de visée s’incline au fur et à mesure que la distance qui le sépare du sujet se réduit de manière à compenser l’écart entre les axes optiques des deux objectifs. La fabrication de cet appareil lancée en  1933 cessa en 1939. Les autres TLR de la période d’avant guerre n’avaient aucun dispositif de compensation, ni les Rolleiflex, ni les Ikoflex pour ne citer que les plus connus. La question était réglée avec un cadre de visée réduit par rapport au négatif ce qui donnait une marge de sécurité.

Rolleiflex innova à partir des modèles produits fin 1949 – début 1950 en installant un dispositif de compensation de parallaxe inédit sur la totalité de ses appareils. Comment cela fonctionne t-il ?

Sous le dépoli, deux volets mobiles réduisent ou augmentent automatiquement le cadre de visée en fonction de l’ajustement de la distance de mise au point avec le bouton latéral. Le photographe n’avait plus à se soucier de l’écart parallactique et les rolleiflexistes s’y habituèrent tellement qu’ils finirent par oublier cet équipement.

La concurrence et notamment Zeiss-Ikon avec ses Ikoflex ne s’attaqua pas à la question. Toutefois, Zeiss-Ikon déclare dans les brochures que l’Ikoflex est équipé d’un système de correction de la parallaxe surtout utile pour les plans rapprochés sans bonnette.  http://www.cameramanuals.org/contax/ikonflex_guide.pdf

Dans un autre document, Zeiss-Ikon indique pour les Ikoflex que « les effets gênants de la parallaxe ne se font pas sentir en raison de la construction de la chambre de visée qui donne un champ d’image réduit de quelques millimètres en hauteur ». A dire vrai, je doute que cette correction soit aussi efficace que celle du Rolleiflex. Une des astuces de Zeiss a consisté à implanter dans le Favorit un dépoli plus petit (50×50) que la surface du film.

Les autres marques qui ont fabriqué des TLR n’ont pas repris le système de correction mis en place par Rollei sauf Seagull (1). Mais Yashica, Minolta, Kalloflex, Olympus, Semflex, Lipca, Meopta, Reflecta etc, ne s’intéressèrent pas à la question. Quant aux autres je l’ignore.

Ce que nous venons de voir concerne les distances usuelles entre l’infini et 1 mètre. Les TLR permettant de faire de la photographie rapprochée, comment s’effectue la correction de la parallaxe à très courte distance ?

A mesure que l’on se rapproche du sujet, l’écart entre l’axe de visée et l’axe optique s’accroît. Pour corriger cela les fabricants ont proposé des bonnettes pour l’objectif de prise de vue et des bonnettes prismatiques pour l’objectif de visée. Les bonnettes prismatiques dévient l’axe de visée de manière à converger vers l’axe optique. Ce dispositif est assez précis pour autoriser un travail de qualité. Pour Zeiss-Ikon (Ikoprox) et Semflex c’est une platine comportant deux lentilles dont une prismatique qui se fixe sur les objectifs. Pour les Rolleiflex, les Rolleinar « modernes » comportent deux éléments tout comme pour les Yashica, Meopta (Flexpar) etc. Avec un Rolleiflex ou un Rolleicord la distance minimum de mise au point avec une bonnette Rolleinar 3 est de 24 cm. Avant ce système à deux lentilles, il y en avait trois. Deux identiques que l’on plaçait sur chacun des deux objectifs et un prisme (Rolleiparkeil) que l’on installait sur la lentille de l’objectif de visée.

Les systèmes génériques comme Sun ou Spiratone en a produit conviennent parfaitement.

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Rolleiflex 3,5 E équipé de lentilles Rolleinar 1. La lentille fixée sur l’objectif de visée est plus grosse que l’autre car elle comporte un prisme destiné à faire coïncider l’image du dépoli et l’image de prise de vue.

Vous trouverez sur cette page un excellent article sur les Rolleinar:

https://www.filmisundead.com/rolleinars-guide-et-mode-emploi/

Minolta réalisa un accessoire différent pour les Autocord appelé « paradjuster » destiné à surélever l’appareil aux courtes distances. On vise, paradjuster en position basse, et on le relève ensuite pour prendre la photo. Description à :

http://www.crocuta.com/yashica/paradjuster.html

Mais comme les montures d’objectifs sont identiques (BAI 1) à celles des Rolleiflex et des Yashica, rien ne s’oppose à l’utilisation de bonnettes prévues pour l’un ou l’autre de ces appareils.

Conclusion

Si « faute de grives on mange des merles » on ne peut toutefois considérer que des appareils comme les Yashica et les Minolta autocord malgré leurs qualités, pour ne citer que ceux-ci, sont égaux aux Rolleiflex qui relèvent d’une bien meilleure conception.

(1) Les Seagull, TLR chinois, ont un obturateur au 1/300 ème et souvent un objectif à 3 lentilles.

Pour information, article sur les Ikoflex:

https://mlmpages.wordpress.com/2018/03/12/les-ikoflex-de-zeiss-ikon/