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Le Pays de Salers, Terre de mille lieux, est le titre d’un ouvrage de photographies consacrées à cette région du Cantal publié aux éditions Un Autre Reg’Art et imprimé à Villefranche de Rouergue.

J’ai trouvé ce livre à la librairie Point Virgule au 14 de la rue des Carmes à Aurillac, où nous aimons traîner de temps en temps. Cette librairie est très sympathique, l’accueil  est agréable et on y trouve presque tous les ouvrages.

L’ouvrage au format paysage 29cm*21 cm présente environ 200 photos du Pays de Salers, réalisées par Frédéric Angot et accompagnées d’un texte de Jean-Pierre Lacombe qui par ailleurs est photographe.

Les images toutes en noir et blanc sont très belles et l’impression du livre les valorise particulièrement. Elles sont présentées par thèmes, Salers, le Pays de Salers, le Puy Violent etc, à différents moments du jour et de l’année. Bien que connaissant cette région, j’ai découvert dans ce livre des vues et des angles de vue que je n’avais jamais observés en tant que photographe. L’ouvrage est exhaustif, abondamment documenté par les images, notamment Salers et le Puy Violent. Le photographe a effectué un gros travail de prise de vue en recherchant de nouveaux angles à partir de points inhabituels. Il a su également profité de conditions météorologiques qui concourent à faire de belles images. Le recours au post-traitement est présent, modification des ciels, assombrissement, contraste, ce qui donne parfois un aspect rude et austère aux images à l’instar de la rigueur du temps, de l’architecture ou des paysages. C’est plutôt bien fait en général, cela ne se remarque pas, mais le recours à une technique de retouche trop marquée apparait sur quelques images (page 80 par exemple). Il n’y en a pas beaucoup, fort heureusement. A titre d’anecdote, j’ai noté que beaucoup de photos comportent des nuages, parfois très beaux, ce qui ne témoigne pas du fort ensoleillement qui règne en Auvergne.

Le texte apporte des explications complémentaires aux images. Parfois on l’aurait souhaité plus succinct. Celui consacré à la race bovine dite de Salers est très intéressant.

Je conseille cet achat aux amoureux de la Haute Auvergne. Ils y trouveront de nouvelles raisons de la visiter.

 

 

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Un tour de la Grande Canarie

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Mars 2017

Les Canaries sont un archipel espagnol de sept îles d’origine volcanique ( Tenerife, El Hierro, Lanzarote, Fuerteventura, La Gomera, La Palma et la Grande Canarie) situées au large du Maroc. C’est un territoire espagnol depuis 6 siècles.

Nous avions déjà visité Tenerife et Lanzarote, avec bonheur et nous sommes retournés une semaine dans une autre île de l’archipel, la Grande Canarie. Ce n’est pas la plus grande île, mais c’est la plus peuplée avec près d’un million d’habitants et une forte activité touristique à caractère balnéaire qui n’est pas l’objet de cet article.

L’origine géologique de l’île est très ancienne. Elle se serait formée à l’ère tertiaire il y a 14 millions d’années. Elle a une forme quasi circulaire avec un diamètre d’environ 50 km, sa surface étant de 1560 km2. C’est la taille de l’arrondissement de Figeac dans le Lot.

Un premier volcan se serait constitué sur la faille entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, détruit ensuite par de nouvelles constructions volcaniques, multiples, avec des matériaux de structures chimiques et de densité variable. Ces constructions ont été victimes d’érosions en raison de fortes précipitations qui ont raviné l’île en d’autres temps et formé des « barrancos » (gorges) profonds. Comme tous ces phénomènes climatiques et volcaniques se sont produits sur une période très longue, le volcanisme a mélangé ou emprisonné des produits de l’érosion y compris du sable marin à des laves en fusion. On observe dans une moindre mesure les mêmes produits volcaniques dans le Cantal où le volcan a sensiblement la même taille et la même altitude. Les roches suivantes sont présentes, basalte, phonolithe, rhyolite, andésite, pouzzolane, trachyte….avec plus ou moins de quartz ou de feldspath. Bien entendu en fonction des produits rejetés, durs ou tendres, l’érosion n’a pas eu le même effet ce qui a créé des paysages très variés où l’eau a taillé des ravins entourées de tables, d’éperons, de falaises, de cônes de déjections, avec des formes quasi surnaturelles. Il faut également noter la présence de grottes créées tant par l’érosion de couches tendres sous les coulées de lave que par les gaz dans les laves épaisses. A cela s’ajoute des tufs volcaniques que les premiers habitants ont taillé pour leur habitat. L’ensemble est d’une couleur ocre foncé qui est inhabituelle des zones volcaniques généralement plus grises.

À la Grande Canarie ces détails sont bien visibles en raison d’une végétation rare. Par ailleurs, les galets des plages montrent une très grande variété de couleurs et de structure.

L’activité volcanique semble arrêtée dans cette île depuis plusieurs millions d’années. Ce n’est pas le cas sur les autres îles où des phénomènes récents ont été ou sont observés. Il n’est pas possible d’identifier la bouche de feu principale du volcan principal que l’on a l’habitude de situer au Roque Nublo, seuls quelques cônes adventifs très érodés sont visibles au nord et nord est de l’île en particulier en pleine ville de Las Palmas.

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Caldera de Bandama, cratère égueulé, a proximité de Las Palmas

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Cônes adventifs en bordure de Las Palmas et au fond sur la Isletta.

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A droite, le Roque Nublo 1813 mètres.

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Au premier plan, le Roque Nublo. A l’horizon le Teide (3718m) sommet de l’île de Ténérife distante de 60 km.

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Fuente de los azulejos. Il s’agit de couches de pierre ponce que les émanations du volcan ont colorées en vert turquoise, ocre et rose. Ceci est visible en plusieurs endroits de l’île.

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Fuente de los azulejos

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Une vue vers l’ouest, au fond, le Teide.

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Le barranco de la Aldea et le barrage de El Parralillo. Toute l’eau présente sur l’île est captée.

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Le sommet est le Pico de las Nives 1949 mètres. On le distingue à la limite du tiers gauche de l’image surmonté d’un radar sphérique.

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Surnommée la Fortaleza en raison de sa ressemblance avec un château cette éminence est truffée de grottes dans sa partie supérieure. La partie inférieure droite comporte des orgues basaltiques.

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Plage de galets.

 

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Quelques spécimens de la flore et la faune canarienne présente à la Grande Canarie

L’île qui n’est pas très grande peut se découvrir en quatre à cinq jours. Son intérêt majeur est dans les paysages.

Je recommande particulièrement, les sites suivants:

  • les gorges de Guyadeque (***)
  • le Roque Nublo (***)
  • la Fortaleza grande,
  • Teror, son église et les maisons de la rue principale (***), le quartier de Vegueta à Las Palmas et la cathédrale (***), Gáldar, Firgas, Arucas sont les villes à voir en priorité,
  • enfin, pour les intrépides qui aiment les routes accidentées, il faut signaler la « ruta de las presas » (la route des barrages) le GC210 qui débute à San Nicolas de Tolentino. Klaxon indispensable. Déconseillée aux personnes qui souffrent du vertige mais paysages sauvages à vous couper le souffle.

Si le sol des routes est excellent, celles-ci sont sinueuses, voire étroites et on ne fait pas plus de trente kilomètres à l’heure de moyenne. Les routes sont bordées de rails métalliques. Il existe des miradors avec des petits parkings mais dès que vous voyez un endroit pour stationner si vous voulez prendre une photo, arrêtez-vous car ils sont peu nombreux. Attention à la logique de la signalisation espagnole pour indiquer les directions, c’est loin d’être intuitif. Nombreuses stations service.

On trouve à déjeuner à peu près partout à un prix abordable. Là aussi si vous trouvez un restaurant qui vous tente n’allez pas voir plus loin s’il y en a un autre. Il serait sans doute préférable de trouver à se loger en dehors du complexe situé au sud Playa del Inglès/Maspalomas où beaucoup y viennent parce que c’est près des piscines ! Mais d’un autre côté les hôtels semblent rares à d’autres endroits.

Je continuerai ce tour d’horizon par une remarque écologique. L’aménagement de l’île est une hérésie car, relativement pauvre en ressources agricoles et énergétiques, elle ne vit que grâce à des importations massives de produits de toute nature. Environ un million d’habitants y vivent, doivent se nourrir, s’éclairer, sans parler des dizaines de milliers de touristes qui ne sont pas comptés dans cet effectif d’habitants. Et pourtant, malgré divers rappels, tout est gabegie, éclairages nocturnes à profusion, piscines d’eau douce, arrosage des jardins et des huit golfs, climatiseurs, activités de service, de distribution et de transformation, besoins agricoles….L’eau douce présente sur l’île est insuffisante bien que tout ce qui peut être capté le soit, aussi désale t-on l’eau de mer dans diverses centrales. L’électricité est produite dans deux centrales importantes comportant des turbines et des génératrices alimentées au gaz et au gasoil importés bien sûr. Des éoliennes sont en cours d’installation sur la côte nord-est. La production électrique d’origine thermique s’élève à 1138 MW. 113 MW non thermiques sont également produits. A titre de comparaison Fessenheim a une puissance de 1800 MW. Rien n’a l’air d’arrêter le développement de la Grande Canarie et son équipement bien que l’immobilier marque le pas. On observe ici ou là des carcasses d’immeubles et des zones viabilisées sans constructions.

De même dans le domaine immobilier, on a beaucoup bétonné même pour les maisons individuelles alors que l’île regorge de belles pierres pour la construction. Le front de mer de Playa del Inglès est pavé avec du granit venu d’Espagne. Le basalte présent en abondance sur la Grande Canarie aurait convenu.

Pour terminer, les conditions pour faire de la photo sont excellentes. Il existe de la brume d’atmosphère certains jours qui crée un léger voile bleuâtre perceptible sur les photos de l’article. Pour le matériel, l’idéal est de disposer d’un objectif permettant de « couvrir » les focales usuelles. Je disposais d’un Sigma 24-105 objectif polyvalent en voyage.