Notre Dame de Paris en 2024

Voilà, nous sommes en 2024, 5 ans après l’incendie qui a ravagé Notre Dame.

Devant l’ampleur des dons en espèces et en matériaux, les architectes ont eu l’idée d’ajouter une troisième tour ce qui donne le plus bel effet.

Publicités

La tuile canal en Colombie.

La tuile canal est répandue dans toute l’Amérique du Sud et particulièrement en Colombie car ce pays regorge d’argile. Briques, tuiles et poteries sont produites dans différents endroits du pays selon des méthodes artisanales essentiellement dans des fours chauffés au bois ou au charbon. Ces tuiles sont utilisées sur la plupart des maisons, anciennes et modernes.

Le modèle de tuile est peu différent du modèle européen, sans doute un peu plus plat, mais la longueur est la même et la technique de pose identique.

Tuiles canal sur une construction moderne.
Technique de pose sur une charpente en bambou.

Un si beau village, Belliac, commune de Saint-Simon (Cantal)

MLM_7165cor

Belliac, patrie de Gerbert (946-1003), grand scientifique, devenu pape (Sylvestre II) en 999, est un joli village de la commune de Saint-Simon. Et comme beaucoup de villages de France, les poubelles ont été placées bien en vue des visiteurs. Je me demande à quoi pensent les élus quand ils font de tels choix.  

Sur le même sujet:

https://mlmpages.wordpress.com/2017/09/13/leglise-de-les-cuns-lozere/

 

Les trottoirs délabrés du XXème arrondissement de Paris

P1050702

Ici la base d’un lampadaire rouillé.

P1050700

Banale dégradation du goudron

P1050699

L’intervention dure depuis quatre mois….

P1050698

Potelet percuté il y a plusieurs semaines

P1050650

Padirac n’est pas loin. Exemple de sape causée par les infiltrations d’eau faute d’étanchéité du revêtement.

Ces images se passent de commentaires………

Je garde le plus cocasse pour la fin, car pendant que les trottoirs et les chaussées se dégradent, on entretient les espaces végétalisés. Nos élus marchent sur la tête !!!

P1050689

A Paris, l’eau coule à flots.

P1050684P1050683

Régulièrement les vannes sont ouvertes rue de l’Est. Il y a plusieurs années les trottoirs ont été modifiés pour réduire le nombre de place de stationnement, la sempiternelle obsession des écolos, mais les modifications ont été mal exécutées au point de dévier l’écoulement naturel de l’eau dans les caniveaux.

Les tuiles d’Aurillac, la production de céramiques et de chaux.

IMGP8190rec

La maison de famille, construite boulevard des Hortes au 17, au fond la carrière de Caussac.  On remarque les tuiles, les rives et les faîtières de fabrication Rispal. Cliché pris en 1935. Cette maison a été détruite depuis.

Le développement d’Aurillac au cours des siècles est lié à plusieurs facteurs, religieux, économiques, politiques, mais il en est un qui doit retenir toute l’attention, c’est celui des matériaux de construction. Aurillac se trouve en effet à un « confluent » géologique qui offre dans un rayon d’une dizaine de kilomètres quantité et variété de matériaux, volcaniques, métamorphiques, cristallins ainsi que le calcaire et l’argile.

En outre, le bois était très présent pour fournir des éléments de construction et du combustible.

Lors des grands bouleversements géologiques, il se trouve que le bassin d’Aurillac s’est formé à l’époque oligocène sur le socle primaire. Ce bassin était très étendu puisque des reliefs calcaires sont observables jusqu’à Mur de Barrez. On peut estimer le rayon moyen de ce bassin en moyenne de 30 à 40 km si ce n’est plus. Par la suite, le volcanisme a recouvert en partie la région de roches et de matériaux qui côtoient des roches plus anciennes, l’érosion contribuant par ailleurs à modifier le paysage. Il n’est pas rare de trouver des matériaux très divers affleurer à quelques dizaines mètres de distance.

Les bâtisseurs d’Aurillac surent tirer profit de cette variété de matériaux au cours des siècles de construction de la ville de la période gallo-romaine à nos jours. Le schiste fournissait les lauzes, ainsi que la phonolithe, le basalte et les autres roches volcaniques étaient utilisées pour la construction des murs ainsi que le calcaire dur, l’argile servait à la fabrication des tuiles et des briques et le calcaire à la fabrication de la chaux que l’on mélangeait au sable des rivières. Les démolitions et restaurations effectuées dans les immeubles d’Aurillac montrent qu’en plus le réemploi régnait dans la construction. On peut même se demander comment certaines roches sont arrivées jusqu’en ville comme le granit ou la serpentine à une période ou les transports pondéreux à longue distance étaient rares. Toutefois les routes alentour étaient fréquentées par de nombreux charrois de matériaux tirés par des boeufs.

Une des activités historiques en matière de construction est l’élaboration de la chaux, des tuiles et des briques. Argile et calcaire sont présentes et visibles très souvent car la végétation qui les recouvre est maigre ou absente. On en aperçoit de nos jours à Belbex, Ayrens, Naucelles, Arpajon (carrière de Maussac), Giou de Mamou. Le sous-sol d’Aurillac en comporte en maints endroits y compris en centre ville. Je me souviens d’un chantier de construction en bas de l’avenue du Professeur Henri Mondor (ex avenue du Lycée) où le calcaire et des argiles vertes apparaissaient. Notre professeur de sciences naturelles, monsieur Alirot, nous l’avait signalé.

Des traces toponymiques de cette activité existent notamment près de Giou de Mamou (Calfour) et près du Bex d’Ytrac (Chaudfour). Il existe également d’autres gisements dans le Cantal, à Prentegarde, à Saint Georges… Une curiosité géologique est à signaler à Laveissière au lieu-dit « Le Four à Chaux » où le calcaire se trouve sous les couches de roches basaltiques et a pu être exploitée durant des décennies. Au lieudit « La Grange de Ganilh » sur la RN 122, au dessus d’une paroi basaltique on aperçoit une couche de calcaire emprisonnée dans la lave que les travaux sur la route ont mise à jour. Une autre curiosité est visible en dessous du col du Bruel où un gros bloc de calcaire a été emprisonné dans un amalgame volcanique (photo ci-dessous) lors d’un bouleversement. Il existe également de nombreux petits gisements de cipolin, calcaire trés fin, au nord-ouest du département qui furent exploités jusque dans les années 20 afin de produire de la chaux agricole. Des vestiges de fours subsistent à Chalvignac. Ils fonctionnaient avec le charbon de Champagnac. Plus loin, dans le Puy de Dôme une veine de calcaire de deux mètres de haut a été longtemps exploitée sous le plateau de Gergovie.

IMGP2143

Le savoir faire des romains dans le domaine des productions céramiques a été assimilé par les arvernes qui ont remplacé les roches plates de couverture, les lauzes, lourdes à transporter et les matériaux végétaux comme le chaume par des tuiles.

La majeure partie de la production dans la région a porté pendant des siècles sur les tuiles dites « canal » modèle repris partiellement de l’ancêtre romain qui comportait deux pièces, les tegulae plates et les imbrices qui recouvraient la jointure des tegulae.

tegula

Tegula à gauche et imbrice à droite

Le temps ne devait conserver que les imbrices en les modifiant à peine avec une utilisation double, concave et convexe. Elles sont encore fabriquées de nos jours (voir images in fine). Je fais observer que la tuile canal est très répandue dans le monde, Europe, Amérique latine, Afrique du Nord, Madagascar, en général dans les anciennes colonies françaises, espagnoles et portugaises.

La mise en place du système romain à deux éléments exigeait de disposer d’une ossature plane et peu pentue ce qui était rarement le cas.

IMGP2546

Toiture de grange en tuiles canal

MLM_6318modifié

Longueur 44cm, largeur en bas 19 cm et 12 cm en haut, en moyenne.

Elaborées dans et autour de la ville – ce qui contribuait à l’activité économique – il était relativement facile de transporter ces tuiles. Ainsi durant des siècles cette tuile s’imposa dans la région d’Aurillac quand d’autres matériaux n’étaient pas disponibles. Seuls quelques rares bâtiments officiels se couvraient d’ardoises de la Corrèze ou de schiste de l’Aveyron.

Comme on trouve également du calcaire, la production de chaux et de céramiques qui exigent beaucoup d’énergie se fit conjointement dans les mêmes appareils, des fours à chaux dont il ne reste aucun vestige. Souvent il s’agissait d’appareils modestes creusés dans un talus et sommairement maçonnés. A ma connaissance, on ne trouve aucun vestige dans la région. Par contre, dans d’autres régions des fours de pierres ou de briques ont été conservés.

Les personnes qui travaillaient à la fabrication des tuiles et de la chaux s’appelaient des chaufourniers (1). Dans la seconde moitié du XIX ème siècle une dizaine d’entreprises exerçait autour et dans Aurillac à côté des gisements d’argile et de calcaire de Boudieu, des Camisières, de Maussac et du Trou des Bars, ce dernier étant occupé maintenant par une résidence. L’essentiel de la production portait sur les tuiles canal, les briques pleines, les carreaux dits de four pour les sols et la chaux. Il n’y avait pas de moules identiques, chacun produisant des matériaux selon ses propres normes et parfois pour un seul chantier à l’aide de moules sommaires, souvent en bois ou directement taillées sur le sol. Le dernier chaufournier cessa son activité vers 1912. Environ 2 000 000 de pièces étaient produites les meilleures années semble t-il, l’activité étant arrêtée en période de gel.

Voici le chantier de construction de la déviation sud d’Aurillac en septembre 2018 sur le site de Boudieu proche de la RN 122. On y voit nettement les couches d’argile qui étaient exploités autrefois.

MLM_7432red

MLM_6319

Carreau dit de four à gauche (24,5*24,5) et brique commune (24,5*11,5). Des exemplaires d’autres provenances ont des dimensions différentes.

Dans des fours de forme cylindrique souvent creusés partiellement dans le sol et adossés à un talus, mais peut-être selon des procédés plus simples tels que ceux que l’on observe dans les pays en voie de développement, calcaire et éléments de céramique étaient entassés sur des hourdis de bois et chauffés au bois durant de longues heures. Ces productions étaient très imparfaites du fait des modes de fabrication archaïques et d’une température de chauffe mal maîtrisée. Il y avait beaucoup de déchets, pièces cassées, trop cuites, déformées. Toutefois l’argile était d’excellente qualité hormis la présence de cailloux et donnait un produit fini de faible poids contrairement à d’autres argiles. Certaines toujours en usage ont près de trois siècles. La chaux était médiocre en raison des impuretés et des aléas de la température de chauffe des fours. Conditionnement, vente et diffusion feraient sourire.

Un exemple de fours à chaux dont les vestiges se situent sur la commune de Chalvignac sur la D682 au lieudit « Lissartou »:

MLM_7070red

MLM_7072red

MLM_6411

Cristaux de quartz. Lorsqu’ils sont gros ils fragilisent la tuile

MLM_6323

Présence de caillou

Tout ceci ne correspondait pas à la définition de produits modernes, faciles à fabriquer, à vendre et à mettre en œuvre. C’était du reste la situation de l’industrie des tuiles et des briques au milieu et à la fin du XIX ème siècle en France. Pour améliorer les choses, vers 1840, un français visionnaire, Xavier Gilardoni qui possédait une tuilerie en Alsace eut l’idée de créer une tuile à emboîtement appelée tuile mécanique car son développement fut accompagné de la mécanisation de la fabrication. Ses avantages étaient l’étanchéité, le poids, l’esthétique, le faible volume etc. Elle comportait deux crochets moulés dans la masse qui permettait de l’accrocher à des liteaux. Contrairement à la tuile canal qui avait une forte tendance à la dévalaison, elle ne risquait pas de glisser du fait de la neige, des légères vibrations sismiques ou du tassement des bâtiments.

A la fin du XIX ème siècle les machines à vapeur commencent à produire l’énergie nécessaire pour faire fonctionner des machines complexes. On voit apparaître des fours Hoffmann permettant une meilleure répartition de la chaleur dits à feu continu et à flamme renversée. La cuisson était plus homogène. C’est ainsi qu’une tuilerie équipée des dernières avancées techniques s’installe à Aurillac dans les années 1880. Deux associés, A. Angelvy et G.Rispal reprennent la tuilerie artisanale Dailloux et la développent. Environ 3 000 000 de pièces étaient produites par an ce qui représente pour un établissement de ce type une production de moyenne importance. En effet, le poids des tuiles et des briques fait que l’aire géographique de diffusion est restreinte même de nos jours. De fait, cette diffusion ne dépassa que rarement les limites de l’arrondissement d’Aurillac. La concurrence de produits fabriqués dans l’Aveyron, le Lot et le Puy de Dôme limita les ventes au sud-ouest et au nord du département. Si la tuilerie avait été proche d’une grande ville, d’un port ou d’un axe ferroviaire important elle aurait eu un développement autre, l’argile ne manquant pas. On pense aux tuileries – briqueteries qui ont bénéficié de débouchés dans les colonies, comme celle des Milles dans les Bouches du Rhône.

Cette entreprise fut gérée par la famille Rispal qui connut plusieurs générations de dirigeants.

Le processus classique de fabrication des tuiles modernes est le suivant:

  • broyage de l’argile en fines particules, puis tamisage,
  • malaxage avec de l’eau afin d’obtenir une pâte homogène se prêtant aux opérations suivantes,
  • moulage sous pression des tuiles, puis démoulage. Il s’agit d’une opération délicate qui exige que la tuile moulée ne se déforme pas au démoulage,
  • séchage par étuvage,
  • première cuisson à 700°, puis à 1000°, refroidissement lent.

Une des pièces essentielles de la production était la tuile à emboîtement dite « Rispal » qui a une solide réputation de qualité. C’est sans doute une des meilleures tuiles de cette période en raison des conditions de sa fabrication et de la qualité de l’argile. De couleur rouge-orangée, la tuile comporte peu de corps étrangers grâce à un tamisage sérieux, elle présente une surface lisse sur laquelle l’eau glisse et les lichens adhèrent peu même après des dizaines d’années, l’emboîtement est parfait en raison du soin apporté à la fabrication et à ce que nous appelons aujourd’hui le contrôle qualité. La résistance au gel est très forte, la tuile ne se délitant pas contrairement à d’autres en terre moins imperméable. Le pureau est faible. Il est possible de la fixer avec un clou galvanisé ce qui permettait de refaire des toitures à forte pente comme celles des granges ou des maisons anciennes. On l’assemble à joints croisés, une demi- tuile étant fixée au bout de la rangée, demi-tuile qu’il fallait couper dans une tuile entière, car non fabriquée. A l’époque où les meuleuses n’existaient pas c’était difficile de tailler sans casser et pour cela on utilisait un pointeau.

MLM_6414

La tuile mesure 41,5 * 25,5. La surface utile est de 41*23,5. On observe les deux empreintes en haut du V renversé pour percer un trou et clouer la tuile sur la volige.

Elle était accompagnée de tuiles de faîtage et de rives dont un magnifique chapeau décoré.

MLM_6399

Plus tard une version vieillie, plus sombre fut proposée afin de mieux s’accommoder aux règles d’urbanisme. Des tuiles en verre adaptables furent proposées pour éclairer les combles. Personnellement je préfère l’originale bien orangée qui après des décennies conserve sa couleur.

P1050396

Tuiles vieillies plus sensible à la mousse sur un hangar à Tournemire

MLM_6334

Briques Rispal. Années 1950. Elles servaient essentiellement à l’encadrement des fenêtres et aux cheminées.

La plupart des maisons individuelles, des immeubles et des bâtiments industriels, artisanaux ou agricoles furent couverts avec la tuile Rispal durant près de 50 ans jusqu’au milieu des années soixante où l’activité de la tuilerie cessa. Il reste encore beaucoup de toitures couvertes en Rispal qui résistent bien aux intempéries même en altitude. Certaines toitures sont remaniées avec de la tuile Rispal de récupération de manière à maintenir l’unité et des toitures ont été modifiées au fil du temps avec des tuiles différentes ce qui en fait leur originalité. Souvent les Rispal étaient posées en partie basse du toit, les parties supérieures conservant les tuiles canal.

La tuile Rispal fut concurrencée par les tuiles dites « Décazeville » moins résistantes à la neige et au gel (délitement) et une tuile partiellement compatible avec la Rispal pour la pose en lignes horizontales mais plus lourde produite à Prentegarde. On la trouve en abondance sur les maisons du canton de Laroquebrou.

MLM_6320

A gauche tuile Rispal, à droite tuile de Prentegarde (44*26). La surface utile de la Prentegarde est moindre, malgré des dimensions extérieures plus importantes.

MLM_6034rec

Exemple de délitement des tuiles sur une toiture à Séverac-le-Chateau. Tuiles inconnues.

MLM_6259

Toiture de Laroquebrou en tuile de Prentegarde

Parallèlement l’entreprise Rispal produisit des briques pleines et creuses, des hourdis etc.

Pour avoir une idée de l’activité des chaufourniers (1) d’Aurillac, je joins quelques images de la fabrication manuelle des tuiles et des briques au Pérou et au Laos. La cuisson se fait en mode ouvert en entourant les céramiques sèches de sciure, de copeaux, de paille de maïs ou autre végétal que l’on enflamme. Un montage adéquat des éléments à cuire permet de diffuser la chaleur partout.

(1) ce mot ne figure plus dans le Larousse illustré de 2018.

Si le sujet vous intéresse j’ai rédigé un article sur l’utilisation de la tuile canal en Colombie:

https://mlmpages.wordpress.com/2019/03/06/la-tuile-canal-en-colombie/

Eglise de Perse (Aveyron) XII ème siècle

Ancienne église d’Espalion elle se retrouve maintenant excentrée entourée par le cimetière d’Espalion. Elle est construite en grès rouge, cette roche étant abondante dans la région. Son intérieur est dépouillé mais les sculptures sont riches (chapiteaux) et les plafonds des chapelles intérieures sont couverts de décorations. Pas très loin, l’église de Béssuejouls a la particularité de posséder dans son clocher une chapelle Saint Michel dont la richesse des sculptures est peu commune. Je vous la montrerai.

IMGP1885

IMGP1840cor